Adobe mise tout sur le modèle cloud à l’abonnement

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Adobe mise tout sur le modèle cloud à l’abonnement

La Rédaction

C’est officiel : Adobe se range définitivement derrière Creative Cloud. A l’occasion de sa conférence Adobe MAX qui s’est ouverte le 4 mai, à Los Angeles, Adobe a annoncé un rebranding de l’ensemble de sa gamme de produits phares ainsi que l’arrêt de son modèle classique de commercialisation de logiciels, pour ne les proposer uniquement qu’à travers son cloud maison, le Creative Cloud.  Exit donc la Creative Suite, la suite logicielle phare du groupe qui regroupe dans un package – voire dans une boîte sur l’étagère des revendeurs – les applications clés de l’éditeur, de Photoshop à Illlustrator, de Flash à InDesign, d’Illustrator à Dreamweaver. Désormais les applications de l’éditeur de San José ne se consommeront plus que sur abonnement, via le Creative Cloud. Si la Creative Suite pourra toujours être achetée sur le modèle de licence classique et supporté, tous les développements et l’innovation (ingénieurs compris) seront transférés vers le Cloud. Pas de Creative Suite 7, en somme.

Fireworks ne passe pas à l’abonnement

Fireworks, éditeur graphique très axé sur le graphisme Web, qu’Adobe avait intégré à son portefeuille lors du rachat de Macromedia – avec Dreamweaver donc – ne sera pas intégré au Creative Cloud, a confirmé l’équipe de l’éditeur sur son blog. Fireworks restera donc à la version CS6, mais plus aucune innovation n’y sera apporté.

Adobe explique que cette décision est due à une augmentation des fonctions en doublon avec d’autres produits du groupe, citant notamment Photoshop, Illustrator et Edge Reflow, ainsi qu’une réorientation des équipes d’ingénieurs sur des développements plus spécifiques. Désormais seules les mises à jour de sécurité et les corrections de bogues seront assurées. Les mises à jour pour MacOS X et Windows sont prévues, mais visiblement pas véritablement actées par l’éditeur.

«Cette nouvelle famille d’applications», comme le souligne Adobe, prendra désormais une étiquette «CC» (Photoshop CC, InDsign CC, Illustrator, CC, Premiere CC et Dreamweaver CC). «Une façon de refléter qu’elles font partie intégralement du Creative Cloud.»

Ce virage à 100% vers un modèle à l’abonnement n’est finalement qu’une demi-surprise. L’éditeur avait, dès la fin 2011, présenté le nouveau visage qu’il souhaitait donner au modèle du groupe. L’édition 2011 de MAX nous avait permis d’entrevoir certes ce virage vers le Cloud, mais également vers HTML 5 et les standards du web. Reléguant Flash, qui avait en partie fait la gloire de la société sur le Web, aux spécialistes du jeu en ligne ou encore à la diffusion de contenus en ligne. En novembre 2011,la société avait expliqué sa mutation vers le cloud devant un parterre d’analystes. 

C’est aujourd’hui ainsi l’un des derniers pans de cette stratégie qu’Adobe met en fin de compte à exécution, un an presque jour pour jour après le lancement officiel de son Creative Cloud et de Creative Suite 6 – qui sera donc, on le sait aujourd’hui, la dernière de la série.

Il aura ainsi fallu un an pour qu’Adobe estime le modèle de souscription suffisamment mûr, pour y basculer totalement. Une transformation finalement plutôt rapide vers le cloud dont un des objectifs est de permettre à Adobe de baser son modèle économique sur davantage de revenus récurrents. Lors de l’annonce de sa stratégie aux analystes, David Wadhwani, vice-président et directeur général des activités Digital Media, avait affirmé que le Cloud d’Adobe devait faire gagner quelque 800 000 utilisateurs au groupe d’ici à 2015 (avec un taux de croissance annuel moyen de l’ordre de 10%), tout en modifiant la structure de revenus du groupe : environ 50% des revenus seront récurrents en 2015, avait ajouté le directeur général. A terme, estimait-il, l’objectif était d’arriver à bâtir un modèle reposant à 100% sur des abonnements.

Si aujourd’hui, Adobe revendique plus d’un demi million d’abonnés payants à Creative Cloud et plus de 2 millions d’abonnés gratuits, l’éditeur peine encore à trouver sa vitesse de croisière en termes financiers. Un virage vers le Cloud difficile pour lui, mais dont l’annonce officielle ce jour devrait contribuer à accélérer en consolidant le modèle dans l’esprit des utilisateurs. D’ailleurs, Adobe a tenu à rassurer les marchés en plein MAX 2013 en tenant une réunion avec les analystes sur ses résultats en ce milieu de trimestre. «Nous sommes en bonne voie pour atteindre nos objectifs du deuxième trimestre et pour 2013», indique Mark Garrett, vice président exécutif et directeur financier du groupe. Le modèle axé sur le Cloud et les abonnements a bien pris, semble-t-il dire.

Au premier trimestre 2013, clos le 1er mars, Adobe avait rapporté une augmentation de 153 000 abonnés au Creative Cloud d’un trimestre à l’autre. Sur la période, la société avait publié un CA de 1,008 Md$, dépassant ses propres objectifs. En un an toutefois, le bénéfice net avait fondu, passant de 185,20 millions de dollars au premier trimestre 2012 à 65,11 millions de dollars sur les trois premiers mois de 2013.

Des chemins de migration

Pour assurer une migration un peu moins douloureuse pour les utilisateurs de la Creative Suite, Adobe propose aux clients existants des CS3 à CS 5.5 un abonnement de 36,89 euros par mois, pour leur première année. Un abonnement classique et complet (avec tous les logiciels), quant à lui, est vendu 61,49 euros par mois. Une offre promotionnelle a également été mise en place pour les utilisateurs actuels de CS6 (24,59 euros par mois).

Une formule d’abonnement pour un unique logiciel est facturée 24,59 euros par mois.

Les détenteurs de licences en volume, à partir de CS3, auront accès à une mise à niveau vers une édition Equipes et Entreprise de Creative Cloud pour 49,19 euros par mois et par utilisateur, s’ils s’engagent avant la fin août. Un abonnement Equipes et Entreprise qui comprend l’ensemble des fonctions classiques, associé à un espace de 100 Go ainsi qu’à des fonctions d’administration, est facturé 86,09 euros par mois et par utilisateur.

Adobe propose également des abonnements pour le secteur de l’éducation (19,99 euros par mois pour les étudiants et enseignants seuls, et 43,04 euros par utilisateur pour une équipe).


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